
internet-signalement.gouv.frLe gouvernement ouvre son portail de signalement des contenus illicites.
Michèle Alliot-Marie a présenté un site qui permet aux
internautes d’alerter les pouvoirs publics en cas
d’escroquerie en ligne ou de comportement
répréhensible.
Le ministère de l’Intérieur poursuit son plan
d’action contre la cybercriminalité, conformément à la
feuille de route établie en février dernier. Après ceux
permettant le signalement de contenus pédopornographiques et le
dépôt de pré plainte en ligne, le gouvernement a ouvert ce mardi
6 janvier un nouveau site,
Internet-signalement.gouv.fr.
Cette plate-forme, attendue, se veut le
« portail officiel de signalement des contenus
illicites de l’Internet ».
Tout citoyen
peut, en quelques clics, alerter les pouvoirs publics sur des
contenus relevant de l’escroquerie (scam « à la
nigériane », arnaque à la loterie, site de phishing,
etc.) Le signalement peut être effectué de manière anonyme ou non.
L’internaute est guidé pas à pas dans sa description, par des
menus prédéfinis (nature du contenu, support, date de
constatation...). Les informations saisies sont ensuite traitées par des membres
de l’Office central de lutte contre la criminalité
liée aux technologies de l’information et de la
communication (OCLCTIC), étoffé de quelques
« cyberflics » pour l’occasion. Si le
caractère illicite d’un contenu est attesté, le dossier est
transmis aux services d’enquête compétents (police,
gendarmerie, DGCCRF...)
Les escroqueries en
ligne, un « nouveau facteur de risque »
Ce système de signalement national sera couplé à un dispositif européen qui devrait voir le jour courant 2009. Proposée par la France, l’idée d’une plate-forme commune aux Vingt-Sept a été votée au Luxembourg en octobre dernier. Elle sera financée par la Commission européenne et hébergée par Europol. Des accords beaucoup moins formels sont en négociation avec les Etats-Unis et la Russie, pour parvenir à une coordination des informations relatives à la cybercriminalité. Ce site est un des volets d’un nouveau plan « anti-arnaques » dévoilé par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur. Il comprend aussi une campagne d’information pour sensibiliser le grand public aux risques d’escroquerie, sur Internet ou non. Une plaquette, disponible sur le site du ministère, va être distribuée à 3 millions d’exemplaires dans les lieux publics. Elle rappelle quelques règles de bon sens, sur la base
d’exemples typiques d’arnaques. Un service téléphonique
accessible au 0 811 02 02 17 (prix d’un
appel local) a aussi été mis en place pour renseigner les
particuliers en proie à un doute ou victimes d’une
escroquerie ou d’une tentative d’escroquerie. Si la Place Beauvau se préoccupe tant des escroqueries, c’est parce que cette forme de délit est en nette recrudescence, alors que la délinquance dite « de proximité » tend à diminuer. « Entre janvier et novembre 2008, il y a eu une augmentation sensible du nombre d’escroqueries et d’infractions économiques et financières. Elles représentent aujourd’hui 6 % de la délinquance générale », a souligné Michèle Alliot-Marie lors d’une conférence de presse. La part imputable aux escroqueries sur Internet n’a pas
été précisément chiffrée. Mais, selon la ministre, le Web est
indéniablement « un nouveau facteur de risque »,
contre lequel il convient de lutter de manière spécifique.
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